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« Mathias Sandorf » Sommaire« Nord Contre Sud »





1885 - « Robur-le-Conquérant ».(Edit)


L'Albatros




Commentaire : Robur le Conquérant est un roman de Jules Verne paru dans le Journal des Débats politiques et littéraires, du 29 juin au 18 août 1886. Il possède une suite, Maître du Monde, publié en 1904. L'histoire est construite sur la même thématique que Vingt mille lieues sous les mers : trois membres d'un club aéronautique américains sont kidnappés par un mystérieux personnage qui leur fait traverser le monde à bord d'une gigantesque machine volante, proche de l'hélicoptère.[1]


Mot-Clés : son lointain, trompette aérienne, acoustique, harpe éolienne, oxygène musical, orchestre aérien, concert aérien


Télécharger le livre « Robur-le-Conquérant »


Illustrations : http://www.scribd.com/full/3213116?access_key=key-1fjf6ee4uh7o2v7xtxfo
Illustrations : http://www.renepaul.net/collection_verne1/galerie.htm?robur_conquerant




Extrait.................. « Chap. I — Où le monde savant et le monde ignorant sont aussi embarrassés l’un que l’autre — [...] En tout cas, ce duel montre combien les esprits s’étaient passionnés, non seulement dans le nouveau, mais aussi dans l’ancien continent, à propos d’un phénomène inexplicable, qui, depuis un mois environ, mettait toutes les cervelles à l’envers.
[...] Or, précisément, pendant la nuit précédente, une trompette aérienne avait lancé ses notes cuivrées à travers l’espace, au-dessus de cette portion du Canada située entre le lac Ontario et le lac Érié. Les uns avaient entendu le Yankee Doodle, les autres le Rule Britannia. De là cette querelle d’Anglo-saxons qui se terminait par un déjeuner à Goat-Island. Peut-être, en somme, n’était-ce ni l’un ni l’autre de ces chants patriotiques. Mais ce qui n’était douteux pour personne c’est que ce son étrange avait ceci de particulier qu’il semblait descendre du ciel sur la terre.
Fallait-il croire à quelque trompette céleste, embouchée par un ange ou un archange ?... N’était-ce pas plutôt de joyeux aéronautes qui jouaient de ce sonore instrument, dont la Renommée fait un si bruyant usage ?
Non ! Il n’y avait là ni ballon, ni aéronautes. Un phénomène extraordinaire se produisait dans les hautes zones du ciel – phénomène dont on ne pouvait reconnaître la nature ni l’origine.
[...] Il fallait donc découvrir ce qui se passait, non dans le vide infini, mais dans les zones atmosphériques. En effet, pas d’air, pas de bruit, et, comme il y avait bruit – toujours la fameuse trompette ! – c’est que le phénomène s’accomplissait au milieu de la couche d’air, dont la densité va toujours en diminuant et qui ne s’étend pas à plus de deux lieues autour de notre sphéroïde.
[...] Peut-être dans la nuit du 6 au 7 mai avait-il paru une lueur d’origine électrique, dont la durée n’avait pas dépassé vingt secondes. Au pic du Midi, cette lueur s’était montrée entre neuf et dix heures du soir. À l’observatoire météorologique du Puy-de-Dôme, on l’avait saisie entre une heure et deux heures du matin ; au mont Ventoux, en Provence, entre deux et trois heures ; à Nice, entre trois et quatre heures ; enfin, au Semnoz-Alpes, entre Annecy, le Bourget et le Léman, au moment où l’aube blanchissait le zénith.
Évidemment, il n’y avait pas à rejeter ces observations en bloc. Nul doute que la lueur eût été observée en divers postes – successivement – dans le laps de quelques heures. Donc, ou elle était produite par plusieurs foyers, courant à travers l’atmosphère terrestre, ou, si elle n’était due qu’à un foyer unique, c’est que ce foyer pouvait se mouvoir avec une vitesse qui devait atteindre bien près de deux cents kilomètres à l’heure.
Mais, pendant le jour, avait-on jamais vu quelque chose d’anormal dans l’air ? Jamais.
La trompette, du moins, s’était-elle fait entendre à travers les couches aériennes ? Pas le moindre appel de trompette n’avait retenti entre le lever et le coucher du soleil.
« Illusion d’optique ! disait l’un.
– Illusion d’acoustique ! » répondait l’autre.
Et là-dessus, ils disputèrent. En tout cas, illusion.
Quant à cette trompette, on essaya vainement de mettre son éclatante fanfare au rang des illusions d’acoustique. Les oreilles, en cette occurrence, ne se trompaient pas plus que les yeux. On avait certainement vu, on avait certainement entendu. Dans la nuit du 12 au 13 mai – nuit très sombre – les observateurs de Yale-College, à l’École scientifique de Sheffield, avaient pu transcrire quelques mesures d’une phrase musicale, en ré majeur, à quatre temps, qui donnait note pour note, rythme pour rythme, le refrain du Chant du Départ.
« Bon ! répondirent les loustics, c’est un orchestre français qui joue au milieu des couches aériennes ! »
Mais plaisanter n’est pas répondre. [...] »

« Chap. 9 — Dans lequel l’Albatros franchit près de dix mille kilomètres, qui se terminent par un bond prodigieux — [...] En ce moment, au-dessous de l’Albatros, l’air était empli d’une harmonie singulière. On eût dit d’un concert de harpes éoliennes. Dans l’air planaient une centaine de cerfs-volants de différentes formes en feuilles de palmier ou de pandanus, munis à leur partie supérieure d’une sorte d’arc en bois léger, sous-tendu d’une mince lame de bambou. Sous l’haleine du vent, toutes ces lames, aux notes variées comme celles d’un harmonica, exhalaient un murmure de l’effet le plus mélancolique. Il semblait que, dans ce milieu, on respirât de l’oxygène musical.
Robur eut alors la fantaisie de se rapprocher de cet orchestre aérien, et l’Albatros vint lentement se baigner dans les ondes sonores que les cerfs-volants émettaient à travers l’atmosphère.
[...] On ne s’inquiéta guère de ces démonstrations dans l’inabordable Albatros. Mais les cordes, qui retenaient les cerfs-volants aux pieux fichés dans les jardins impériaux, furent ou coupées ou halées vivement. De ces légers appareils, les uns revinrent rapidement à terre en accentuant leurs accords, les autres tombèrent comme des oiseaux qu’un plomb a frappés aux ailes et dont le chant finit avec le dernier souffle.
Une formidable fanfare, échappée de la trompette de Tom Turner, se lança alors sur la capitale et couvrit les dernières notes du concert aérien. [...] »






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  1. http://jules-verne.pagesperso-orange.fr/CIEH11.htm





   
   
   
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