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Télémusique - organologie de la musique en réseau

(Jérôme Joy)






2005
Présentation du sujet de recherche en Thèse (Programme de l'École Doctorale, Université de La Rochelle)




Présentation / Abstract (avril 2005)(Edit)

Notre programme de recherche s'inscrit dans un objectif de suivi d'innovation associé à l'observation d'usages et de pratiques, et aux développements de techniques dans le secteur de la création artistique. En effet, celle-ci est aujourd'hui le vecteur de nombreuses prospectives inédites dont une des originalités est d'affirmer entre autres l'Internet comme le terrain de rencontre et de convergence entre l'art et la technologie, dans le sens où les pratiques développées dans la création dépasseraient sans doute les usages attendus et les modèles proposés par les outils existants (au travers par exemple de l'imbrication de la télématique avec la programmation d'outils et de processus mis à disposition, en accès, autant pour la restitution que pour la réplication, la distribution, la modification et l'augmentation de ceux-ci).

Le champ de référence observé ici est celui de la musique en réseau et des pratiques audio en ligne, domaines dans lesquels nous apercevons actuellement les pertinences et les controverses tant au niveau industriel (peer-to-peer, time-sharing, etc.) qu'aux niveaux juridique (licences, droits d'auteur, droits d'usages, etc.) et socio-économique. Cette convergence relevée initie non seulement un nouveau système technique de diffusion de la musique, ce qui est déjà en soi une problématique conséquente, mais aussi, par là-même, l'initiation d'agencements d'appareils et de systèmes de production individuelle et collective (qu'il s'agira d'évaluer en tant qu'organologies), prenant l'espace en ligne comme lieu (a/topologies) et temps (a/synchronies) de la création, de l'émission et de la réception. Ces nouvelles initiatives permettant d'allier recherches scientifique et technologique avec la recherche artistique pourraient bien offrir des prospectives d'innovation et d'invention bien plus affirmées que la seule perfectibilité de l'utilisation cliente (serveur, hardware, software) profilée sur la communication et la consommation de contenus. C'est-à-dire qu'à ce sujet, notre réflexion s'appuiera sur les nouvelles heuristiques de ces dispositifs "socio-techniques", déployées et explorées dans ces projets de création que nous proposons d'étudier dans le corpus de la recherche. Tous ces aspects seront observés dans notre étude, ce qui permettra d'évaluer ultérieurement des comparaisons avec d'autres domaines tels que les "librairies" d'images et de contenus en ligne, les systèmes de streaming de contenus, les jeux en réseau, etc. qui investissent des états similaires de l'action, de l'émission et de la réception.

Pour ce faire, notre recherche s'appuie sur l'étude, d'une part, de projets artistiques associés ou non à des structures de recherche (Auracle de Max Neuhaus, Brain Opera de Tod Machover, Cathedral Project /PitchWeb /Podcasting de William Duckworth et Nora Farrell, Electronic Café International de Kit Galloway et Sherrie Rabinowitz, Gnusic, Quintet.net de Georg Hadju, The Hub, Apodio, Experiments in Arts and Technology E.A.T., etc.), et d'autre part, de recherches et projets scientifiques et industriels (Soundwire CCRMA - Semantic HiFi, Agnula et Cuidado IRCAM/ Centro Tempo Reale/ Univ Pompeu Fabra/ Sony CSL - Hyperinstruments, Netsound, Websynths et Tuna MIT Boston - SonicCity et Mobile Music Technology Viktoria Institute Göteborg - Distributed Immersive Performance USC.edu, etc.) et enfin sur le développement et l'expérimentation de trois projets/prototypes menés en relation avec les équipes de structures de recherche associées:

Au-delà de leurs aspects technologiques, nous constatons que les enjeux impliqués par ces observations s'inscrivent dans des dimensions épistémologiques de la constitution des réseaux en convoquant des problématiques que nous avons commencé à cerner et que nous développerons: la gestion des bases de données (sémantiques, méta-data), les dispositifs de coopération (forums hybrides, environnements collaboratifs, communautés épistémiques et de pratiques, mutualisation, commensalisme), les pratiques de transfert et d'échange (téléchargement, téléversement, etc.), les modalités de flux (streaming, programmation de daemons, etc. impliquant des renouvellements des pratiques liées à la générativité -automatisation, programmation, robotisation-, à l'improvisation, à l'action performative interactive, etc.), les environnements multi-utilisateurs (cluster, modération, amendement, structures et règles de coordination et de négociation, systèmes répartis et partagés, etc.), les émissions et les adressages (remise en question des rôles des acteurs -émetteur/récepteur, producteur/public-, formes renouvelées de restitution publique, etc.), le cadre métastable socio-technique économique et juridique (distributions artistiques dégagées d'un cadre d'édition de produits fixes, dissémination et circulation, économies directes), la réappropriation collective et individuelle des moyens de production et des systèmes de représentation (open-source, licences, accès à la présentation d'oeuvres, interfaces, mises à disposition, répartition, mobilité, palimpsestes, etc.), les qualités temporelles ré-investies (mnémotechniques, systèmes agogiques, conservation et sauvegarde, computations et gestions de temporalités, synchronicités différentielles et convergentes, etc.), etc.

L'ensemble de ces problématiques réinterrogent la stabilité et la perfectibilité recherchée des cadres traditionnels d'utilisation, en proposant, à l'encontre de ces cadres, les réseaux comme des structures locales socio-techniques d'invention (d'individuation, de différenciation de temporalités) se constituant et non s'instituant (les réseaux sont "en action" et non "en utilisation"). Ce que nous avons pu résumer par une hypothèse lors de notre première année de recherche: "les réseaux sont constitués, inventés par la coopération et la mémoire, soutenant des dispositifs socio-techniques locaux de création et d'association" (Cfd. LOGS publié par les Editions è®e, Paris, 2005).

Nous nous attacherons à spécifier les marqueurs remarquables que nous avons commencé à identifier au sein des problématiques relevées:

  • mnémotechniques / organologie (dispositif, appareil, instrument)
  • coopération / pollinisation
  • individuation / mutualisation

Après nous être attaché durant l'année et demie passée sur un premier intitulé de la recherche (Approches des dispositifs collectifs en réseau -notions, opérabilités, enjeux- 1) qui a donné lieu à des publications focalisées sur la notion de "coopération", le programme de la recherche s'est stabilisé sur l'étude des dispositifs audio et musicaux en réseau quant à leurs conditions et innovations technologiques et socio-techniques. En effet, la première étape engageait un point de vue et d'approche pas assez circonstancié et référencé, dont les répertoires sont encore à mieux articuler, ce que nous tenterons dans un des chapitres de notre recherche. Cette première investigation a permis pourtant l'élaboration de questions que nous avons étayées et développées sous forme d'hypothèses dans les publications de 2004 et de 2005 :

  • Comment auraient pu être envisagées avant l'Internet la circulation et la distribution délibérées d'une œuvre sans considérer sa destination, son statut et sa réputation?
  • Quelles singularités (co-opératives, productives, inventives) les pratiques artistiques en prise avec les réseaux électroniques développent-elles? Quels renversements génériques opérent-elles (de l'œuvre au dispositif, de l'individuel au collectif, du collectif à l'individuel)? De quel ordre sont les formes de négociation sociale, permanente et vivante, qui favorisent les circulations "libres" et les mises à disposition "publiques" et qui alimentent la tension "individuation / mutualisation"? Sont-elles inattendues? retorses? résistantes? Cette nouvelle socialité recherchée serait-elle un contrepoids voulu aux puissances normatives de l'époque hyperindustrielle, ou serait-elle la résurgence d'un phénomène/ idéal permanent, aiguisée par des moyens techniques particulièrement aptes à épouser des flux de la conscience, aussi bien collectifs qu'individuels?
  • En quoi ces dispositifs, collectivisés et non individualisés, en permanence évolutifs et transformables (polymorphes, mobiles, réticulaires, coopératifs, convergents, confluents et modulaires), favorisant la circulation et la mise à disposition, par l'entremise opérationnelle des téléchargements, des interfaces, des implémentations et de l'évaluation des expériences de ceux-ci, deviennent émulateurs de modalités de productions et de pratiques artistiques (individuelles et collectives) et d'organisations en réseau (co-opératives)?
  • En considérant que leur adressage n'est plus systématisé a priori dans une convocation frontale objet / public (représentations publiques) mais problématisé dans d'autres équations - tout est public tout le temps, chacun devenant une antenne - émettrice, réceptrice -, quelles sont les conditions de leurs accès et de leurs inter-opérabilités?
  • Au sein de ces dispositifs, la mutualisation construit, sans contrariété, à la fois le devenir du collectif et celui des individus le constituant : la coopération marque la nécessité de construire des projets, des hypothèses, des stabilités, dans un contexte précarisé, désajusté ou évoluant trop rapidement. Quelles en sont les modalités conditionnelles? quelles conditions techniques et "technologiques" sont nécessaires à la construction de tels dispositifs permettant d'induire des implications et des enjeux comparables à ceux du domaine des logiciels libres et des nouvelles solidarités sociales?
  • Les réseaux sont un espace technique évolutif d'interconnexion, un espace social potentiel de relations individuelles et collectives, un entrelacement spatiotemporel de liens et de transferts d'éléments commutés et computés, un milieu socio-technique constitué par son agencement et ses hybridations avec les autres milieux et systèmes. Socialement, les réseaux restituent un espace de réélaboration des relations, des consentements, des attachements, - ce qui est vital pour l'existence humaine -, en permettant le développement (à nouveau) des récits individuels et collectifs. Comment, en ce sens, les dispositifs en réseau constitueraient des mnémotechniques, des techniques individuelles et collectives de la mémoire, en tant que réappropriations (permettant de poursuivre à nouveau le processus collectif de transmission et de circulation des savoirs et des pratiques qui semble précarisé aujourd'hui dans la consommation de la communication)?



La musique en réseau est un domaine actuellement très évolutif dont les initiatives et opérabilités dessinent aujourd'hui les technicités et socialités de demain (en écho avec "la Conquête de l'Ubiquité" de Paul Valéry en 1931, et les descriptions du premier concert en réseau par Jules Verne en 1875 dans "La Cité Idéale"). Cette évolution rapide et disséminée nécessite une étude ad hoc que nous sommes en train d'entreprendre et qui sera un apport original aux communautés scientifiques et artistiques, tant au sujet de l'actualité des problématiques cernées que de leur historicité, tout en s'appuyant sur des recherches et des objets identifiés mis en références. La particularité de cette investigation est son attrait pluridisciplinaire, par la convocation des savoirs croisés des sciences techniques et technologiques, de la sociologie et des sciences humaines, de l'esthétique et de la création artistique.

En restant attachée aux domaines de la musique et de l'audio en réseau, si remarquables aujourd'hui, notre étude articule une veille permanente sur l'actualité de ces projets et de leurs liaisons avec les innovations scientifiques, sur la pertinence de leurs formes et de la constitution des appareils évolutifs socio-techniques qui les portent ou les génèrent, en discernant ce qui leur est propre, singulier, voire idiomatique.



Jérôme Joy, avril 2005.
















   
   
   
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