On extended, boundless, vibratory and in-the-now sympathy music

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SOMMAIRE / CONTENTS
NMSAT PRESENTATION PUBLICATIONS / PUBLISHINGS




HISTORIQUE DE L’ART AUDIO ET DE LA MUSIQUE EN RÉSEAU –

UN FONDS DOCUMENTAIRE SUR LES PRATIQUES ET TECHNIQUES LIÉES AUX TRANSPORTS DE SONS ET AUX ACTIONS SONORES À DISTANCE



Jérôme JOY, Peter SINCLAIR
Locus Sonus – audio in art, Groupe de Recherche en Art Audio, http://locusonus.org/
École Nationale Supérieure d’Art de Bourges, École Supérieure d’Art d’Aix en Provence, France
Ph.D. Art Audio et Musique Expérimentale, Université Laval, Québec (CAN)
Ph.D., CRiSAP, University of the Arts London (UK)




 version anglaise / English version


Résumé / Abstract (Edit)

Initié en 2008 par Jérôme Joy, le « Networked Music & SoundArt Timeline » (NMSAT) est une veille documentaire sur l’historique de l’art audio et de la musique en réseau (télémusique) (Joy, 2003-2005). À partir de cette première version 1.0 présentée ici et constituée sous une forme textuelle, cet historique est proposé comme une ressource qui sera mise à jour en continu sur la base d'un cadre contributif de recherche pour aboutir à la version 2.0 qui sera rendue publique sous la forme d’une base de données consultable et éditable en ligne (sur Internet). Le Timeline est maintenu par une équipe : le NMSAT Development Board ou Committee (collège de développement du NMSAT) constitué principalement de chercheurs et d’artistes provenant de structures partenaires[1], et complété par un pool d’autres contributeurs et rédacteurs liés à des projets associés et des collaborations extérieures que mènent Locus Sonus (tels que, par exemple, les membres du projet Locustream[2]) et de collaborateurs dont l’expertise rejoint l’objectif du Timeline. Ce collège a deux objectifs : (1) amender et compléter la base de données existante comprenant à ce jour plus de 2000 entrées et environ 550 articles de référence[3]; (2) encadrer le développement technique et éditorial du projet en ligne destiné à être publié et dont l’accès sera public.

Cette présentation décrit l’état actuel de l’historique et la manière selon laquelle il a été structuré, ainsi que les objectifs de son évolution vers une base de données bibliographiques en tant que ressource ouverte accessible au travers d’une variété d’interfaces spécialisées. Le NMSAT fait partie des programmes de recherche de Locus Sonus (Networked Sonic Spaces et Field Spatialization[4]) et vise à donner un cadre historique à la recherche artistique practice-led et à l’exploration des technologies et des problématiques liées à ces pratiques en réseau, notamment au travers des les réalisations artistiques menées par le laboratoire Locus Sonus (Locustream, New Atlantis et Wimicam)[5]. Le NMSAT est nourri à la fois par une veille continuelle sur les aspects historiques et contemporains de ces pratiques et de leurs contextes, et par des objectifs de développement d’études à partir du corpus documentaire.

Mot-clés : réseaux, art audio, musique en réseau, historique, base de données


(La version anglaise de ce texte a été publié in “Contemporary Music Review”, Vol. 28, Nos. 4 & 5 ‘Network Performance”, August/October 2009, pp. 351-361, Edited by Peter Nelson, Issue editor Pedro Rebelo. Routledge, Taylor & Francis Group)




Sommaire(Edit)

  1. Introduction — Un fonds documentaire et informationnel
    1. Un fonds bibliographique documentaire
    2. Contexte de la recherche (Locus Sonus)
    3. Le collège scientifique de développement du NMSAT
    4. La structure actuelle du NMSAT
  2. Méthodologie
    1. Méthodologie de la veille documentaire
    2. Champs et structuration du NMSAT (v. 1.0)
    3. De la version 1.0 à la version 2.0
  3. Objectif
    1. Une ressource actualisée
    2. Des grilles et circuits de lecture
    3. Un socle documentaire pour des projets de recherche
    4. Enjeux
    5. Une veille en réseau
    6. Des outils-interfaces
  4. Positionnement
    1. "Networked Sound", Art Audio et Musique en Réseau
    2. Les notions de distance et d'environnement instrumental
  5. Bibliographie
  6. Télécharger le texte pdf (version française) (version anglaise / english version)




1. INTRODUCTION - un fonds informationnel et documentaire(Edit)

1.1. Un fonds bibliographique documentaire(Edit)

Le projet « Networked Music & SoundArt Timeline » (NMSAT) offre l’accès à une base de connaissance pour des objectifs d’accès au savoir, de nature scientifique et tout public, à partir d’une ressource originale bibliographique, développée par Locus Sonus (Jérôme Joy), qui apparaît inédite dans ce champ de connaissance et dans les domaines auxquels il fait appel. Cette ressource mise à disposition du public « syndique » des informations actuellement disséminées et pour la plupart difficilement accessibles (car non mises en visibilité) ou enfouies (car non repérées).

Le NMSAT vise à fournir une vue d’ensemble des événements relatifs à des œuvres et projets artistiques marquants dans les domaines de la musique et de la performance sonore en réseau, et des développements techniques et technologiques liés à l’anthropologie sonore et la musicologie, de l'histoire ancienne jusqu'à présent (2008). Il offre l’accès à une collection de références bibliographiques pour une utilisation documentaire à destination des communautés artistique et scientifique, tout autant que l’accès à un ensemble de connaissances pour un public plus large désirant approcher les rapports du son et de la distance comme vecteurs de la compréhension du monde et de son appareillage communicationnel au sein de nos différentes cultures et à différentes époques. Il est également un socle d’initiation d’études et d’analyses que pourront mener les chercheurs associés pour construire à partir de cette ressource un corpus critique et théorique.

La forme générale du NMSAT est une structure de base de données bibliographiques. Chaque entrée ou item est commentée par une description appropriée suivie par les références des sources de l’information citée (liens, auteur, origine bibliographique, etc.). La version actuelle de la base de données est construite en premier lieu sur cette liste d’items classés de manière chronologique.

Le développement d’interfaces de consultation basées sur des modes graphiques (en parallèle de l’interface textuelle) donne lieu d’appliquer les résultats d’expérimentations actuelles menées sur la consultation de bases à grand nombre de données et d’investiguer des modalités variées de lecture et de contextualisation. La consultation duelle en mode textuel et graphique est reliée de manière dynamique à un système de contribution par les lecteurs afin de tenir à jour la base de données. Ce mode de contribution s’appuie sur les environnements contributifs portés par le Web 2.0.

Outre le sujet propre principalement documenté dans le NMSAT (la musique en réseau et l’art audio), les domaines connexes et périphériques sont indexés à l'aide de repères et de références significatives. La plupart de ces repères provient des champs scientifiques, artistiques, littéraires et technologiques, considérés comme des champs contextuels remarquables de l'art audio en réseau. Tout en considérant que ces domaines sont déjà bien documentés et repérés dans d'autres projets de classification historique que l'on peut trouver sur Internet et dans les littératures correspondantes au sein de ces disciplines (Barbosa, 2003; voir aussi Joy, 2003-2005), notre intention est de donner des lectures des relations et des interactions entre eux.

À cet effet le NMSAT couvre plusieurs domaines et types d’événement :

  • technologies et logiciels;
  • littérature ancienne et philosophie;
  • musicologie et ethno-musicologie;
  • anthropologie sonore et histoire des télécommunications et de la radio;
  • musique contemporaine et art sonore.

1.2. Contexte de la recherche (Locus Sonus)(Edit)

Le NMSAT répond aux axes de recherche que nous explorons dans le groupe de recherche en art Locus Sonus - audio in art (Joy & Sinclair, 2008; Sinclair, 2007)[6]. Deux axes majeurs constituent notre recherche actuelle et nos réalisations artistiques en cours : les Espaces Sonores en Réseau (Networked Sonic Spaces) et Field Spatialization (spatialisation sonore combinant l'articulation d'espaces locaux et distants)[7].

Une grande partie de notre mission s’appuient sur une mise à jour d’un champ expérimental naissant, celui de l'art audio, situé aux intersections et dans les apports respectifs des domaines artistiques plastiques et musicaux, considérés encore récemment comme séparés. La recherche au sein de Locus Sonus est basée sur la création d'un corpus d'expérimentations artistiques et techniques et sur une méthodologie dirigée par la pratique (practice-led). Elle est principalement orientée sur la réalisation artistique et la présentation publique (en tant qu'expérimentation contrôlée et insertion des conditions du public). La mise en œuvre principale du laboratoire concerne les transports des sons (et des ambiances[8]) donnant lieu à la construction de dispositifs de streaming (transfert et transmission de sons en direct via Internet) et l’élaboration d'environnements sensoriels et expérientiels qui reçoivent ces flux sonores et qui en offrent des modalités d’interprétation. Ils constituent ainsi des dispositions et des types gradués d'écoute. Ces dispositifs jouent continuellement avec les entrelacements de lieux et de distances et avec les modifications de perception qu'ils engendrent. Ce sont des systèmes qui peuvent être qualifiés selon leur temporalité (synchrones et asynchrones), leur spatialité (locaux, distants et situés), et finalement selon les solidarités structurelles qu’ils convoquent (autophones et chronotopes[9]).

Cette exploration sonore des systèmes d’espaces en réseau révèle et rend lisible de manière critique les contextes des pratiques nouvelles qui s’y développent entre espaces physiques et espaces virtuels (de l'ordre de que nous pourrions appeler une audibilité sociale ou un état musical et sonore des réseaux[10]). Elle offre de façon remarquable une dimension expérimentale renouvelée de la création musicale et sonore.

Ces réalisations menées à partir des pratiques et techniques du streaming engagent des problématiques de pratiques des flux en espace et en réseau, ainsi que celles des pratiques liées aux espaces sonores corrélés (local/distant, local/remote, sympathies d'espaces acoustiques, résonances, réalités articulées entre espaces physiques et espaces virtuels, mixed realities, etc.). Ceci nous permet d’interroger à la fois les pratiques sonores, les développements et dispositifs technologiques (dont l’Internet) qui sont maniés et sondés par ces dernières, ainsi que les modifications sociales, conceptuelles et anthropologiques qui en découlent ou qui y répondent[11].

Cette investigation est illustrée par les explorations que nous menons, par exemple autour de la notion d’Audio Extranaute[12] et au travers questionnements des formes publiques et d’attention (nouvelles scénarités et construction de publics[13]), des transports d’ambiances et des partages du sensible, des formes expérientielles des flux, du temps réel et d’organisations de temporalités, jusqu’aux open models et dispositifs coopératifs[14], etc.

Les réalisations menées au sein de Locus Sonus construisent un réservoir de pratiques et de problématiques transciplinaires qui convoque d’autres champs de réflexion et d’action, tels que ceux de la philosophie, de la sociologie, de l’anthropologie, de l’architecture et du paysage, de la musique (informatique musicale), des sciences des télécommunications, etc., qui devront être aussi accessibles et servir de repères référents au sein du NMSAT. Les méthodologies employées dans l’élaboration du NMSAT s’appuient sur les besoins et les ressources des expérimentations et les réalisations de dispositifs et d’œuvres audio en réseau, tout autant que sur la nécessité de construire un cadre de contextualisation et d’analyse de ces pratiques. À proprement parler, il ne s’agit pas d’une observation externe qui étudie “sur”, mais d’une mise en contexte et une problématisation qui se développent “avec” les pratiques.

L’ensemble des ressources constituées et développées dans Locus Sonus, dont le NMSAT, est mis à disposition des écoles d’art et des domaines de recherche artistique et scientifique, sous la forme de modules exploratoires et de collaboration, de moyens et de connaissances mis en partage, et d’états de recherche.

Le projet du NMSAT est issu de recherches et d’études antérieures qui ont commencé il y a environ sept ans autour du thème de l’organologie de la musique en réseau[15] (Télémusique) (Joy, 2003-2005). L’idée première a été de donner un cadre à la fois historique et prospectif à la recherche sur l’art audio en réseau en établissant, à l’époque et à partir d’une observation systématique sur Internet, une série de listes catégoriées mais non détaillées de signets et de liens vers des documents existants. Ces premières investigations ont fait germer plusieurs pistes de développement durant les années suivantes, que cela soit en terme de projets et de réalisations artistiques, mais aussi à propos d’approches théoriques et documentaires qui se sont limitées sur le moment à l’état d’ébauches.

En effet, entre 2005 et 2007, plusieurs études menées au sein de Locus Sonus ont permis de nourrir un cadre d’analyse plus persistant : une étude sur les micro ouverts Locustream (Joy, 2007a), une étude sur le remote sound recording (Joy, 2007b), une étude sur les streams et l’audio-topie (Salmona, 2007)[16], et une compilation documentaire sur les projets sonores géo-taggés et de géo-localisation (soundmaps et soundwalks) (Joy, 2007c)[17]. Ces investigations ont débouché sur la construction d’un cadre raisonné plus général, celui du NMSAT, qui dépasse par sa nature et ses objectifs la simple approche documentaire.

D’autre part, il semble aujourd’hui essentiel de distinguer des objets de recherche qui auraient vocation à puiser dans le NMSAT et offrir ainsi des grilles d’analyse et d’approches critiques : l’écoute à distance (distance listening) au regard des typologies existantes des pratiques d’écoute; les auditoriums internet (Internet auditoriums) comme interrogation des publics auditeurs et du déplacement de la “salle de concert” et des supports de diffusion; une histoire critique de la télémusique dans une visée organologique; les flux et le streaming sonores interrogés en tant que matériaux dans la musique; etc.

1.3. Le Collège Scientifique de Développement du NMSAT(Edit)

Il est vite devenu indispensable qu’une approche internationale, multi- et transdisciplinaire et collaborative soit mise en place pour le développement du NMSAT. L’établissement d’une telle ressource demande de mettre en place une « veille » documentaire et thématique, voire technologique, par la recherche et le collectage d’informations validées sur le sujet (ou à faire valider puisque le domaine est en pleine évolution et est très actif dans l’actualité). En effet, l’immense quantité de données à collecter et à documenter, la diversité des sources des informations et la rapidité à laquelle elles évoluent, ont rendu cette approche nécessaire. Ceci a conduit à la création en mars/avril 2009 du Collège de développement du NMSAT [NMSAT Development Scientific Committee/Board], dont les rôles sont :

  • de mettre en place des systèmes d’évaluation, de vérification, de validation et d’amendement des informations recueillies;
  • de continuellement actualiser la base de données;
  • de minimiser les effets arbitraires de choix orientés ou “partisans” pouvant fausser des approches historiques;
  • de cultiver la diversité des approches, de faire se croiser et se compléter les enquêtes de recherche en relation avec des domaines de compétence.

Afin de garantir que le NMSAT soit continuellement mis à jour et actualisé après la diffusion de la version actuelle (1.0), nous prévoyons de rendre disponible cette ressource, à partir d’une logique open-source et contributive, qui restera éditable par des pairs opérant dans le même objectif de recherche à destination de la communauté. L’objectif sera de développer, lors de l’année 2010, une database en ligne nourrie par de multiples contributeurs et connectée à une variété d’interfaces de navigation, de lecture et d’indexation (version 2.0)[18].

Étant donnée la nature hybride de l’information sélectionnée, et malgré que la structure linéaire de la version 1.0 puisse rester une ressource valide et valable, l’idée principale est de construire des interfaces multiples et configurables pour se connecter à la base de données et pour puiser dans celle-ci afin d’organiser et de visualiser des fils de recherche et d’information à partir de requêtes du lecteur ou de la lectrice. Ceci offrira en retour plusieurs possibilités de navigation et d’édition des entrées et permettra d’augmenter de manière significative son utilisation par les chercheurs, les artistes et les musiciens, et par les internautes lecteurs.

1.4. La structure actuelle du NMSAT(Edit)

La forme actuelle du Timeline (version 1.0), qui sera disponible publiquement lors de l’année 2010, est similaire à une compilation d’entrées bibliographiques glanées dans de nombreux documents en ligne et ouvrages publiés (livres, notices, articles, actes de colloque, annonces et documents d’accompagnement, etc.). Afin de faciliter la consultation et l’indexation de ce premier stade de la veille documentaire, les entrées sont organisées de manière chronologique et alphabétique. La forme textuelle linéaire est utilisée pour des raisons de simplicité.

L’historique est divisé en deux parties, la première concerne l’histoire et la littérature anciennes jusqu’aux années 60, la seconde est une liste d’œuvres et de références de 1950 à 2008. Il est complété par une troisième partie constituée d’une liste alphabétique d’articles et de publications scientifiques. Des méthodes de forage et d’exploration de données d’information (data mining[19]) ainsi que des suivis hypertextuels de fils informationnels et typologiques sont appliquées pour la recherche et le collectage au sein des volumes importants des sources d’informations. Cette méthodologie, aussi sommaire qu’elle ait été au moment du lancement de l’historique, est utile pour extraire un corpus pertinent de références et pour introduire des systèmes d’indexation.



2. MÉTHODOLOGIE(Edit)

2.1 Méthologie de la veille documentaire (Edit)

Le NMSAT est conçu comme un catalogue historique ressource et un fonds documentaire de références bibliographiques, compilant une liste d’items classés chronologiquement par périodes, années et dates. Il offre une perspective instantanée de l’occurrence et du déroulement des événements et des objets repérés, et de l’ordre chronologique dans lequel ils sont apparus.

S’il est devenu au fil des mois un corpus imposant, il s’agit aujourd’hui d’en ouvrir la structure en terme de navigation dans les données et de contribution au collectage des informations. Un catalogue est compris comme une structure close, plus ou moins linéaire, d’éléments listés, qui peut être renouvelé et mis à jour à une fréquence choisie. Notre intention est de concevoir et de modifier la structure interne du NMSAT afin qu’il devienne dispositif dynamique, évolutif et ouvert, favorable à la contribution de multiples rédacteurs et à la consultation des lecteurs.

Dans ce sens, il sera intéressant d’en évaluer sa qualité en tant que « boîte à outils » (toolbox)[20] (Foucault, 1972), c’est-à-dire qu’il puisse devenir un réservoir opératoire d’actions de recherche.

Le fait que le NMSAT couvre plusieurs domaines de savoir et de connaissance au sein du contexte de l’art audio en réseau, suggère l’utilisation de différents approches possibles d’accès et de navigation dans la base de données. Parmi ces différents éclairages et approches nous avons identifiés les domaines suivants :

  • œuvres de musique contemporaine et d’art audio qui impliquent des aspects télématiques, collaboratifs et collectifs;
  • dispositifs, systèmes et œuvres en art sonore (Sound Art, Sonic Art), art audio et en musique dans lesquels la question des « lieux » et de « l’espace », dans toutes ses dimensions, est importante (soundwalks, soundmaps, locative sound, l’art lié à la marche et à la déambulation, art in-situ, phonographie, field recordings, œuvres impliquant des sites inter-connectés, etc.)

et les types d’œuvres, d’événements et de repères historiques :

  • dans les arts numériques et arts interactifs : net-art, telepresence art, art sociologique, tactical media art, art et communication, art et transmission, variable media, etc., ainsi que dans les champs du radio art et de la poésie sonore;
  • dans l’art contemporain : Art Conceptuel (questions sur la localisation et la durée), Art Minimal et Antiform (questions sur les perceptions nouvelles et extra-visuelles), Art Sociologique, Land Art et site-specific art, Art Performance et Art Processuel, Net Art, Art + Com, Art Contextuel et Esthétique Relationnelle, etc.;
  • dans les champs technologiques (hardware et software) : développements de l’Internet et des communications de données, robotique, informatique musicale, télématique, etc.;
  • dans les phénomènes sociaux tels qu’ils sont observés et relevés par les domaines de la sociologie, de l’anthropologie, de la philosophie et de l’Esthétique, et liés : à la musique et l’art dans les contextes numériques, aux communautés en ligne, aux contextes de broad- et de narrow-casting, au social networking / réseaux sociaux (avec ou sans Internet), ethno-musicologie et anthropologie sonore (Becker, 1974, 1982; voir aussi Cristofol, 2005-2008; Joy & Argüello, 2005), etc.;
  • dans la littérature historique, moderne et contemporaine : publications scientifiques avant le XXème siècle, littérature d’anticipation et essais, science-fiction, etc.

La méthodologie de recherche et de veille documentaire est basée sur l’utilisation de mot-clés dans les moteurs de recherche (tels que Google, Google Scholar, In-Extenso, Citeseer, Scirus, Scitopia, FindArticles, Cybertheses, MIT OpenCourseWare, INIST-CNRS, etc.) et sur des sélections de références et de citations tirés de documents trouvés sur Internet (sites web, forums, listes de diffusion, webrings, etc.). Pour permettre d’évaluer la teneur scientifique des informations recueillies, il est nécessaire d’effectuer des recoupements de chaînes d’analyses par ajustements successifs à partir des différentes sources et occurrences d’une même information. Les résultats permettent de valider chaque entrée avant de l’intégrer dans la base de données.

Certains sites Internet, comme par exemple le blog turbulence.org, repérés comme étant des bassins d’actualités, sont continuellement observés. Ils sont utilisés comme références pour des départs de recherche et des chaînes d’enquête. Ces sites-ressources sont de véritables réservoirs et repositoires d’informations concernant l’actualité et l’histoire récente.

La seconde modalité de veille documentaire par le Collège de développement du NMSAT est la consultation et le repérage de reférences dans d’autres types de publications (livres, articles, revues, programmes d’événements, actes de colloques, journaux, etc.) afin de sélectionner et d’extraire les informations les plus pertinentes pouvant constituer une entrée dans l’historique. Les bibliographies, les notes de bas de page et les références de citations, listés dans les articles scientifiques et dans la plupart des publications, sont essentielles et très précieuses pour construire à la fois des références d’entrées mais aussi des arborescences et navigations sémantiques entre les informations et les entrées déjà enregistrées. La validation de chaque entrée du NMSAT est tributaire de cette évaluation et induit alors la constitution d’une description résumée accompagnée des références des sources webographiques et bibliographiques. Le but de ce système de validation est de garantir que la base de données reste une ressource valide et pertinente pour des études et recherches qui seront menées subséquemment par des chercheurs, des artistes et des journalistes.

Les entrées sont formatées selon des règles d’édition afin de donner une nature homogène au contenu. Ainsi la structuration des items de manière chronologique a donné lieu à un protocole d’écriture : année, nom ou titre de la référence, auteur(s), lieu éventuel, description, extraits originaux et traduits, citation des sources, liens et références bibliographiques. Chaque entrée de la base de données contient un résumé descriptif, suffisamment informatif et pertinent, tirée de sources originales qui sont citées (sites internet, livres, articles, conférences, essais, etc.). Les références des auteurs des sources et du texte utilisé comme description sont aussi associées à chaque entrée (voir annexe). Il est possible de naviguer dans l’historique selon une lecture linéaire dans le fil du texte ou en en utilisant le menu hypertextuel, ou bien encore selon une lecture séquentielle par l’utilisation de mot-clés avec le moteur de recherche de votre logiciel de lecture.

Le contenu déjà constitué (plus de 3000 entrées) doit être normé pour répondre à la fois à sa saisie dans une structure de banque de données[21] et à sa diffusion et connexion à d’autres banques et bases existantes. En parallèle, la réflexion menée sur l’interface de consultation et d’accès aux contenus a permis d’envisager la construction d’interfaces textuelles et graphiques (combinées), comme autant de bases de données existantes, afin de répondre de manière pertinente aux questions d’analyses et d’interprétations historiques et thématiques. En effet, le NMSAT étend son observation et son expertise sur une dimension historique étendue (de l’antiquité à aujourd’hui) et sur une surface transdisciplinaire (technologies, arts, littérature, philosophie, esthétique, etc.). Pour cela, la structure de la banque de données et des interfaces doit être spécifique et répondre à l’actualisation continuelle des contenus, à partir de modes de contribution qui sont déjà évalués (pool de contributeurs, contributions ciblées et hiérarchisées, annotations, ‘fils’ hypertextuels, tags, etc.).

2.2. Champs et structuration du NMSAT (version 1.0)(Edit)

Le texte est structuré en 3 parties ou bases (primaires) de données :

  • Histoire ancienne et moderne, Littérature d’anticipation, développements techniques (∞ - 1964);
  • Œuvres, technologies, Histoire contemporaine (1951 à nos jours - 2008);
  • Articles de référence et Bibliographie.

Ces bases de données sont conçues de manière à pouvoir être interrogées de façon séparée ou comme un seul corpus.

  • Première partie

La première partie de ce catalogue rassemble à la fois des références recueillies dans la littérature (ancienne, classique, moderne, d’anticipation et de science-fiction), dans les ouvrages de philosophie, dans l’histoire des télécommunications, et des références liées aux domaines musicaux et artistiques. Elle offre la possibilité de construire des comparaisons et des développements de perspectives entre les découvertes techniques, les utopies littéraires et artistiques, et les aventures exploratrices musicales et sonores. Des références majeures liées aux technologies de communication et sonores sont incluses dans cette partie, afin d’éclairer leur influence même si celles-ci ne sont pas directement liées à notre objet de recherche. Ces entrées, tout en n’étant pas traitées de manière exhaustive, permettent de mieux comprendre le contexte dynamique du développement de l’utilisation du son en réseau (ou historiquement : dans les réseaux informationnels et communicationnels). Nous considérons qu’il est essentiel de nous appuyer sur des repères marquants concernant les aventures humaines et techniques notamment celles très documentées de la seconde moitié du XIXème siècle.

Comme nous l’avons expliqué dans le chapitre précédent, cette première partie est construite de manière chronologique et linéaire; elle se conclut sur une référence particulière, datée de 1964, qui relate une citation visionnaire concernant les réseaux technologiques (même si à cette date, le développement de l’ARPANET avait commencé deux ans plus tôt). Cette référence est emblématique du basculement historique vers le développement des réseaux électroniques dont l’Internet.

  • Seconde partie

De manière similaire, la seconde partie débute avec l’année 1951 sur une référence majeure : celle d’une œuvre artistique qui est sans doute la première œuvre contemporaine qui utilise des matériaux sonores situés à distance (Imaginary Landscape IV de John Cage).

Cette seconde partie est constituée d’une liste chronologique d’œuvres artistiques et musicales impliquées dans les développements en réseau, d’événements et de manifestations majeurs liés aux technologies de réseau, ainsi que des références importantes provenant de l’observation des autres pratiques artistiques connexes à la musique et à l’art audio (comme l’art numérique et la performance par exemple), d’études théoriques (esthétique, philosophie, critique d’art), et issues des autres champs que nous avons déjà cités. Cette observation couvre également de manière attentive les développements socio-techniques spécifiques du dernier quart du XXème siècle : réseaux électroniques, communautés d’internautes, social networking, broad- and narrow-casting (diffusion longue-distance et courte-distance), géo-localisation, etc.

  • Troisième partie

En dernier lieu, la troisième partie du NMSAT présente une liste d’articles de référence, d’ouvrages, et d’actes de colloques, de symposiums et de conférences internationales, structurée comme une bibliographie, avec un classement par nom d’auteur(s), par titre, par année et par supports de publication (colloques, ouvrages-compilations, actes, etc.). Cette partie rassemble et compile l’ensemble des références bibliographiques citées dans les deux premières parties. Cette structure standard peut permettre l’intégration de ces références dans d’autres listes bibliographiques et peut faciliter son utilisation dans des processus d’étude et de recherche. Elle indique également le dynamisme présent dans ce champ de recherche et sa vivacité accrue depuis quelques années. L’ordre alphabétique appliqué à ce chapitre offre un autre mode d’accès et de consultation, différent des deux premières parties qui sont organisées, comme nous l’avons vu, de manière chronologique.

Cette troisième partie comporte également une série de textes, d’études et d’analyses rédigés par différents chercheurs.

2.3. De la version 1.0 à la version 2.0 (Edit)

L’intégralité des contenus du NMSAT est déjà sous la forme numérique et les étapes de mise en œuvre de la banque de données en ligne sont déjà posées :

  • construction de l’environnement base de données en ligne (apache, php, mySQL), interface d’édition, intégration des normes et des standards bibliographiques d’édition et d’interconnexion (XML[22], UNIMARC[23], MARC XML, BiblioML);
  • saisie des entrées et ventilation des items d’entrée dans les champs correspondants;
  • correction des entrées, compléments et amendements nécessaires (par le Collège de développement du NMSAT);
  • construction des indexations et des bases de données;
  • traductions bilingues (anglais, français) et compléments multilingues;
  • construction d’interfaces graphiques (XML, Processing, Flash);
  • mise en expérimentation (consultation, interrogation, interfaces);
  • retour sur la structuration par réajustements, etc. (aller-retour entre les phases et résultats d’expérimentation et celles de finalisation).

Les étapes suivantes sur les années à venir considèreront le développement de la banque du NMSAT en s’accordant sur l’évolution des contenus, sur leur nature (média), sur le fonctionnement contributif et participatif (collège de développement du NMSAT, publics), et sur la perspective de construction d’interfaces complémentaires[24]. La mise en expérimentation en ligne de cette ressource documentaire internationale permettra aussi d’activer l’accès local à cette banque de données dans des centres de documentation (réseau des Écoles d’Art et centres de documentation dans les universités) et centres de recherche.

Outre l’aspect inédit de la constitution des contenus provenant d’analyses et d’une expertise aujourd’hui reconnue (Locus Sonus), la mise en place de modes particuliers de consultation par la construction d’interfaces adaptées et l’objectif de destiner cette ressource originale à des publics spécialisés et amateurs et à destination de communautés (scientifique, artistique) a pour but de combiner la transmission (de connaissances) et le développement basé sur des recherches spécifiques (documentaire et historique, sur les modes d’interfaçage et d’accès, et sur la mise en réseau). C’est-à-dire que ce développement répond également aux innovations actuelles sur les questions d’interfaces et de configurations des bases de données documentaires.

La structure de la future banque de données et la nature des interfaces à développer seront conçues de manière à intégrer l’accès à des options multiples de navigation et d’indexation, impliquant différentes représentations du temps et d’autres dimensions (telles celles géographiques par exemple), autres que la flêche linéaire d’une forme textuelle. Ceci implique de déployer plusieurs types de consultation et de contribution spontanée par les lecteurs et par d’autres chercheurs, définis par des grilles de classification et de champs à remplir dans la fenêtre d’édition des entrées : les bloc-articles (entrées), les fils d’annotation, les catégories et séries de tags, les liens internes (inter-entrées), les options multiples des champs de recherche et d’indexation pour le robot interne, traductions des contenus des entrées, tout autant que les paramètres de navigation visuelle : interfaces graphiques, annuaires de catégories (tags), classifications temporelles, géographiques et par champs, etc. En complément des modes d’édition propres à la base de données, un module supplémentaire de contribution spontanée est à l’étude : il permettra via l’application Twitter[25] d’envoyer instantanément à la communauté des contributeurs et des lecteurs, des commentaires ou des relevés d’information en prise avec l’actualité. Ces notes enregistrées et communiquées sur l’interface du NMSAT pourront être une base d’information pour créer ou compléter des entrées.

La possibilité d’avoir plusieurs modes d’accès aura une influence majeure sur la visualisation et la représentation générale de la base de données, mais aussi sur la conception que l’on se fait de l’Histoire et du canevas organique d’un domaine vivant donné (i.e., d’un champ de référence). Parce que nos différentes cultures et conceptions influent sur nos formes de travaux et sur nos manières d’approcher et de concevoir le monde, induisant des singularités de représentation de la nature du temps, la structure du NMSAT devra prendre en compte ces aspects et donner des accès à géométrie variable, opposés à une vue restrictive et unique. Ceci est un véritable pari et un challenge que nous souhaitons tenir.

Dans le cadre d’un historique basé sur une représentation chronologique (comme cela est le cas pour les structures de type blog), l’organisation des événements crée une représentation à la fois graphique et intellectuelle basée sur l’unicité de chaque événement indépendamment les uns des autres (chacun devenant un épiphénomène), et sur une linéarité du passé vers le présent et le futur. Les principes d’antécédence et d’antériorité, tout autant que ceux d’auctorialité[26] et de localisations (“cela s’est passé là”, donnant un statut proéminent aux lieux et aux structures d’organisation, ou encore lié à l’happenstance, “être là au bon moment”), délient chaque item de ses propres contextes ou, dans le meilleur des cas, les limitent à des contextes restreints et spécifiques, géographiquement et historiquement parlant. Un item dans ce cas apparaît comme unique dans une progression historique et comme non-reproductible (à l’identique).

Les effets de ces principes occultent des relations, des liens et des croisements, ou parfois en créent de manière fausse et erronée. Par exemple, l’antériorité produit un flêchage de cause à effet, voire de conséquence, entre les événements, ce qui ne correspond pas vraiment à la réalité et est la plupart du temps contredit par ce qui est vérifié ou constaté. La linéarité suggère que le temps est une ligne (time arrow) imperturbable, sans nœuds, dérivations et innervations, et distord l’image que l’on se fait des modes de décision (individuelle et collective), et des modalités d’influence (d’une décision locale sur une autre). Ces derniers sont la plupart du temps issus d’effets d’intuition et de logique individuelle, d’impacts de rencontres, de dynamiques de coopération et co-création qui échappent à une objétisation unicitaire de l’action, etc.[27]

Cette utilisation de la succession et de la progression n’est certainement pas la meilleure manière de représenter un ensemble de références (œuvres, articles, événements) dans le temps, d’autant plus que le champ référent est celui de l’art dont on sait que le principe n’est pas fondé sur le progrès des inventions et des aventures, mais plutôt incorpore des mobilisations et des situations contextuelles : des glissements, des sauts, des réactions environnementales et incidentes, et parfois des décisions liées à des cohérences individuelles et à des sérendipités.

À cet effet, nous préférons favoriser, simultanément à la publication de la version textuelle 1.0, le développement d’autres approches orientées, par exemple, sur des représentations de constellations ou de combinaisons de trajectoires, de circuits de ré-appropriations sociales, et de concrétions de situations qui au premier abord nous échappent ou qui sont difficilement visibles et cernables[28]. C’est-à-dire que la structure multipliée du NMSAT tendra à aider le discernement d’organicités propres et le croisement des domaines. Cela permettra en retour de développer des modes d’appréciations de situations historiques, de décisions artistiques et scientifiques, et de proposer une vision plus générale d’un ensemble de circonstances et de nuages d’événements lors de la navigation dans la base de données via des interfaces multiples.

Néanmoins, ayant pris conscience de tous ces effets et du sens qu’ils induisent, la version linéaire textuelle peut rester valide en tant qu’outil de documentation et de recherche.



3. OBJECTIF (Edit)

3.1. Une ressource actualisée(Edit)

Avec ce système de documentation à la fois original et “souple”, les collaborateurs et partenaires du projet pourront s’appuyer sur une ressource continuellement mise à jour et alimentée. À partir d’analyses de la documentation fournie par la base de données du NMSAT, l’intérêt sera d’élaborer et de sonder des pistes de recherche et d’initier des explorations de problématiques, de problèmes, de corrélations, de classifications et de concepts liés aux pratiques audio en réseau (comme, par exemple, celui de distance listening — l’écoute à distance, les auditoriums internet —, un projet de recherche développé par Jérôme Joy, et de using real-time data flux in art - sonification — l’utilisation des flux en art, la sonification —, par Peter Sinclair, et de bien d’autres objets développés actuellement par les artistes-chercheurs au sein de Locus Sonus).

En proposant une mise à jour des connaissances à propos de l’art audio, de l’art sonore et de la musique en réseau, cette ressource offre un fonds spécialisé pour la recherche d’informations dans l’actualité et dans l’histoire ancienne et récente[29]. Simultanément, le fonds constitué permet de suivre les évolutions récentes de projets artistiques et de la recherche en art, ainsi que celles des impacts des technologies utilisées par les pratiques artistiques sonores et musicales.

3.2. Des grilles et circuits de lecture(Edit)

Le NMSAT apporte de ce point de vue l’opportunité de comprendre les interactions, les modifications et les corrélations entre les pratiques de l’art audio en réseau et nos contextes modifiés, accélérés, controversés, et parfois fragilisés par les technologies. Par l’observation de la praxis et des fictions, l’objectif du NMSAT est de révéler et de découvrir des liens et des croisements entre des disciplines le plus souvent observées séparément. La relation entre les pratiques (telles celles présentes dans l’art et et la musique, les sciences et les technologies, les modifications sociales et les observations sociologiques, les approches philosophiques, etc.), et les états visionnaires, uchroniques et proleptiques[30] (présents dans la littérature d’anticipation et dans l’ensemble des autres domaines sous la forme d’hypothèses) donne un éclairage sur les potentiels d’invention présents dans les paradigmes liés à l’écoute du son à distance.

Par ailleurs, le NMSAT offre des lectures de ‘fils’ thématiques traversant l’ensemble du corpus et relevant de problématiques récurrentes pouvant servir de socles d’analyse critique et d’expérimentation : l’expérience environmentale et la question du paysage sonore, le sense of place et la spatialisation étendue[31], la question de l’adresse aux audiences et la place du public, l’acoustique distribuée et l’écoute en temps réel (téléprésente), la live composition et l’interaction sonore, la réinstanciation[32] de la réception et de l’émission (mobilisant des incorporations entre récepteur et émetteur), etc.

En retour, cette investigation, plus dissensuelle que consensuelle, donnera une vision plus claire de l’histoire artistique récente, notamment celle de l’art audio, dans le contexte actuel des environnements technologiques en réseau.

3.3. Un socle documentaire pour des projets de recherche(Edit)

L’objectif visé du NMSAT est de construire progressivement une plate-forme éditoriale, à l’image d’une « toolbox »[33], qui pourra accueillir des travaux de recherche, des analyses critiques et d’autres projets de recherche, provenant de l’utilisation de la base de données comme ressource opératoire (ces textes sont recueillis dans la partie 3 du NMSAT).

Le dispositif exceptionnel d’une institution artistique — en l’occurrence une et les écoles d’art — offre l’opportunité d’élever les outils de documentation, d’enregistrement et d’archivage à un niveau de recherche. L’objectif de développement de la recherche dans les Écoles d’Art est à présent au cœur de l’actualité afin de permettre à la fois d’alimenter des contenus spécialisés qui fondent et prolongent les sillons de la foisonnance artistique actuelle, et de les mener vers une publication et des dialogues transdisciplinaires. Un tel développement permet aussi de positionner un établissement artistique dans un cadre sociétal, celui des débats de société, en coopération avec d’autres domaines d’investigation (sociologie, architecture, etc.). L’avantage des dispositifs de recherche est leur capacité d’enregistrement, d’analyse, d’expérimentation et d’expertise, et en cela il est primordial d’organiser la circulation et l’accès aux ressources qu’ils constituent, en prenant la forme de la publication comme un objet de développement. La publication du NMSAT répond à cet objectif.

S’il s’agissait d’un maillon manquant entre la recherche « en art » et celle « sur l’art », ainsi que celle « par l'art », le projet NMSAT veut montrer que ces activités participent d’une même mise en œuvre et d’un même horizon et ne sont pas à opposer l’une l’autre.

3.4. Des enjeux(Edit)

Les enjeux liés à la construction d’une telle banque de données sont essentiels pour comprendre la transmission nécessaire de contenus documentaires à partir d’un établissement à vocation et mission artistiques. Il s’agit de :

  • distinguer l’apport spécifique en terme de ressource et de connaissance de la part d’une institution artistique à destination des publics et des communautés artistiques et scientifiques, à partir de la combinaison de ses dispositifs propres définissant un pôle de compétence (enseignements, formes d’expérimentation (workshops, etc.), unités de recherche (telle Locus Sonus);
  • démontrer la capacité et le potentiel documentaire issus de développements et de recherches basés sur la pratique (artistique), pour asseoir un outil critique, analytique et mettant à jour des généalogies et des historiques (ici sur les pratiques sonores);
  • favoriser la transmission transdisciplinaire à partir d’un objet documentaire et d’étude défini par un établissement artistique (ici les pratiques sonores et ses environnements : impacts, modifications, histoire);
  • matérialiser un corpus documentaire expert pour une destination publique (par un accès en ligne sur Internet);
  • mettre à disposition une ressource originale expertisée par des compétences de recherche, issues de ressources internes et de collaborations scientifiques et artistiques;
  • affirmer la dimension internationale et la qualité de l’apport artistique à un domaine vivant (arts, technologies, sociologie, sciences humaines, industrie, etc.).

Le développement de ce projet porté par Locus Sonus contribuera à nos collaborations en cours au sein des programmes de recherche que nous menons actuellement : Eu-phonic (avec SARC Belfast, CRiSAP LCC University of the Arts of London, CultureLab University of Newcastle, LORNA Reykjavik, KIBLA Malibor, Le Hangar Barcelona, STEIM Amsterdam), Audio Ambiances (LAMES CNRS Univ. de Provence, CRESSON CNRS École d’Architecture de Grenoble, ENST / Telecom Paristech / Eurocom - Laboratoire des Usages Sophia-Antipolis / EHESS), TransatLab puf - programme franco-américain de partenariat universitaire[34] (School of the Art Institute of Chicago SAIC), Locustream (en collaboration avec des communautés de field recordists[35] et de phonographers[36], tel que par exemple le WLP - World Listening Project[37]). De futures collaborations seront à construire afin d’interroger les fonds documentaires et médiatiques de différentes centres de recherche et de documentation dans un périmètre international[38].

3.5. Une veille en réseau(Edit)

La nature numérique de la base de données NMSAT comprend d’emblée des mises en réseau, non seulement à partir de son accès par Internet, mais aussi par la diffusion de ce dispositif au sein des centres de documentation et de recherche, et surtout par le caractère international et collaboratif de son fonctionnement et de son évolution. Sur ce point, il y a deux aspects : l’un concerne la mise à disposition publique de cette ressource par l’accès Internet, et l’autre s’appuie sur l’innovation des modalités de contribution à une ressource partagée et favorable à tous les partenaires et contributeurs.

3.6. Des outils-interfaces(Edit)

Dans le premier point, l’intérêt, nous l’avons vu, est de développer des modes d’interfaçage, de navigation, de consultation et d’indexation sur des résolutions textuelles et graphiques qui permettent des accès pertinents à une base de données. Ce développement s’appuie sur les récentes innovations liées aux interfaces graphiques et dynamiques (arborescences, hypertextualisation, représentations graphiques de fils de contenus et d’indexation, annotations et créations de parcours de lecture dans des contenus de bases de données, etc.) et fait appel à des technologies combinées entre les structures organisées des bases de données et un langage (XML) souple pour adapter des interfaces et des modes de recherche et de consultation.

Le second point nécessite le développement d’un environnement spécialement programmé pour favoriser la publication et la modération (évaluation) partagées. Il s’appuie sur deux niveaux de contribution : l’un expert (porté par le Collège de développement NMSAT, constitué d’une quarantaine d’experts, artistes, chercheurs, scientifiques) qui garantit la pertinence des données et des modes de consultation de celles-ci en ayant un rôle éditorial et en assurant la mise à jour continuelle des données ; l’autre dit « public », qui autorise la contribution sous un mode spontané et bottom-up par des fonctions d’annotation et de fils de discussion à partir de chaque entrée de la base de données, et par l’ajoût de fonctions spécifiques d’enregistrement et de collecte via des opérabilités du Web 2.0 (Twitter). L’interopérabilité de ces environnements et outils (base de données, interfaces, blogs/wikis, Twitter, etc.) assure la dimension organique de la mise à jour et de l’alimentation continuelles des contenus.

La banque de données NMSAT contient donc plusieurs développements innovants : ceux structurels et ceux fonctionnels, basés sur la pertinence des accès à une ressource et sur la dynamique de publication partagée liée à cette même ressource. L’ensemble s’appuie sur la nécessité de rendre un corpus documentaire un lieu de ressources organisé et évolutif.

L’accès à une base de connaissances crée un ressort lié à un sujet spécifique (ici les pratiques sonores) car il permet de distinguer un réservoir d’informations qu’il ne s’agit pas d’épuiser mais de dynamiser, que cela soit par la transmission de ces informations vers d’autres secteurs et vers un public intéressé, mais aussi par la distinction d’un espace-ressource propice aux développements d’études et de recherches et à la distinction d’un lieu transdisciplinaire d’interlocutions.



4. POSITIONNEMENT(Edit)

4.1. "Networked Sound", art audio & musique en réseau(Edit)

Dans ce domaine naissant entre musique et arts visuels, la mise en espace via les réseaux (Networked Sonic Spaces) pratiquée dans l’art audio est certainement exemplaire. Historiquement constitués par des croisements entre des champs de savoir et de développement, et, entre des œuvres et des trajectoires d’artistes, les territoires du networked sound et de la musique en réseau montrent la fabrication continue entre art et social (dans les imprégnations socio-techniques et les modifications de l’un sur l’autre),

  • d’une part, par l’exploration expérimentale des techniques et des technologies de réseau;
  • et d’autre part, par la proposition d’expériences de perception, in-situ et in-tempo, jouant sur des actions à distance et des transports de sons.

La spécificité des réseaux permet des interactions et connexions en temps réel entre les lieux et modifie nos perceptions et pratiques de l’espace et du temps (Renaud & Rebelo, 2006).

Le propos général du Timeline est d’approcher les environnements audio en réseau (en tant qu’espaces et temporalités inter-connectés et corrélés), comme des « éco-milieux » évolutifs, vivants et organiques facilitant des aspects collectifs de création et des modifications remarquables de la perception de nos environnements (Sterne, 2003; Carlyle, 2007). Cette dimension prolonge les propositions énoncées ci-dessus et identifie, au travers des corrélations socio-techniques liées aux mises en réseau, le développement de dispositifs créatifs de coopération et de création de circuits collectifs et participatifs (Tanaka et al., 2005). Ces nouvelles dynamiques refondent des temporalités d’attention individuelle et peuvent révéler une esthétique renouvelée du sonore[39] (Joy, 2009). La portée sociale de ces formes de perception réside sans doute dans une nouvelle « distribution de la réalité sensible » (Valéry, 1960 [1928])[40] et dans le partage d’arènes de connaissance par l’action et l’expérience ensemble de nos environnements, en proximité et, dans ce cas, étendus par l’apport, la manipulation et le contrôle des systèmes de transports de son à distance. L’entrelacement entre les potentiels d’écritures musicales et sonores et ceux des agencements réactifs d’acoustiques reliées est une percée vers l’élaboration d’échelles instrumentales à partir des réseaux.

4.2. Les notions de distance et d’environnement instrumental(Edit)

Les notions de distance et de permanence sont proéminentes dans cette spécificité qui explore et construit un état musical et « sonifère » des réseaux électroniques (Internet)[41] (Joy, 2009).

Ceci est à mettre en regard de nouvelles approches actuelles concernant les évolutions de la nature des “audiences”, des diffusions acousmatiques aux arènes d’écoute, modifiée par les développements en réseau (jusqu’à la notion d’écoute à distance, en tant que nouveau paradigme de l’écoute).

Le second aspect est de donner à cette histoire récente, par la structuration documentaire spécifique du NMSAT et de ses interfaces, des perspectives et des éclairages difficilement repérables par ailleurs. Il peut mettre à jour la distinction de problématiques communes et la compréhension de la circulation des pratiques et des techniques.

Notre intention est de continuer à interroger la culture du « réseau », et, à un autre niveau, nos relations aux technologies et aux environnements socio-techniques, au sein d’une controverse relative aux modifications de la représentation, ce qui est un débat existant depuis le début des années 60. L’(hyper-)médiatisation relevée par Bernard Stiegler[42], par exemple (Stiegler, 1994-2001, 2004-2005, 2004-2006), la multiplication des prothèses techniques, etc. sont révélatrices de glissements lents et progressifs au sein de notre vie, de notre culture et de notre société. Aujourd’hui, nous observons la remarquable fragilité de notre relation aux technologies. Au-delà d’être une machinerie, un ensemble de machines communicantes, et le lieu, aussi invisible soit-il, des machines, les réseaux sont à investir dans des dimensions instrumentales, c’est-à-dire dans une intrication entre milieux (physiques et virtuels) et entre appareils d’écriture, d’écoute et d’interprétation.

Ces controverses montrent la vitalité de ces débats et la nécessité d’y impliquer ces questions. Au travers de l’élaboration du NMSAT, notre initiative vise à prendre prise sur ces débats et perspectives, sur ces interrogations et ces points de vue, en illustrant, dans une vision plus large, les convergences, les rencontres, les corrélations et les croisements qui animent les pratiques artistiques, les pratiques théoriques, sociales et techniques, et les développements technologiques.



5. BIBLIOGRAPHIE(Edit)

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  18. Sinclair S. (2007). Locus Sonus. In Double-Entendre (Ed.), Autumn Leaves – Sound and the Environment in Artistic Practice (pp. 74-77). Paris : Angus Carlyle, CRiSAP Creative Research into Sound Arts Practice, London College of Communication, University of the Arts London (Publishers).
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  24. Valéry P. (1960 [1928]). La Conquête de l’Ubiquité. In Gallimard, NRF, Bibliothèque de la Pléïade (Ed.) Oeuvres, tome II, Pièces sur l’Art (pp. 1283-1287). Paris: Gallimard; first published in De La Musique avant toute chose, Paris: Editions du Tambourinaire, 1928.






Notes de bas de page(Edit)


  1. Voir plus bas, chapitre 3.
  2. Un projet initié et maintenu par Locus Sonus depuis 2005, consistant en un réseau de live streaming à partir de microphones ouverts disséminés dans le monde entier. http://locusonus.org/soundmap/
  3. NMSAT v.1.090319 (mars 2009).
  4. Cf Infra 26.
  5. http://locusonus.org/
  6. Joy J. & Sinclair S. (2008). Les Espaces Sonores en Réseau (Networked Sonic Spaces). In GlobalWare Corporation (Ed.) Roots/Routes, International Computer Music Conference ICMC’08 (Panel : Networking Performance) (pp. 553-555). Belfast : SARC, Sonic Art Research Center, Queen’s University, & International Computer Music Association ICMA (Publishers). Sinclair S. (2007). Locus Sonus. In Double-Entendre (Ed.), Autumn Leaves – Sound and the Environment in Artistic Practice (pp. 74-77). Paris : Angus Carlyle, CRiSAP Creative Research into Sound Arts Practice, London College of Communication, University of the Arts London (Publishers).
  7. Terme que nous avons adopté qui combine la notion de field recording (enregistrement ambulatoire, sur le terrain) avec la notion de spatialisation plus généralement liée à un dispositif fixe dans un espace intérieur (électroacoustique). Une traduction littérale serait « spatialisation de terrains ». Une définition plus appropriée peut être approchée : spatialisation sonore combinant l'articulation d'espaces locaux et distants, en mettant l’accent sur la mise en espace sonore à multiples échelles - allant de l'acoustique et de l’électroacoustique, à la téléphonie, à la radiophonie, et aux espaces virtuels et au streaming -, par des sondages des espaces (indoor / outdoor, remote / local) et à la mobilisation de l'espace sonore personnel sur les notions de flux – locative et variable media -.
  8. http://www.ambiances.net et http://www.cresson.archi.fr/AMBIANCE2008-commSESSIONS.htm
  9. « points in the geography of a community where time and space intersect and fuse » selon l’anthropologue et linguiste, Keith Basso (1984), “Stalking with Stories: Names, Places, and Moral Narratives among the Western Apache”. In E. Bruner, ed. Text, Play and Story. Proceedings of the American Ethnological Society.
  10. Joy J. Une Époque Circuitée, Actes du Symposium Metamedia, Québec, 2007. Et le texte éponyme à paraître dans la revue Intermédialités, Montréal, 2009.
  11. en collaborant de manière étroite avec le laboratoire de sociologie CNRS LAMES basé à Aix en Provence, http://www.mmsh.univ-aix.fr/lames/, le laboratoire CRESSON à Grenoble, http://www.cresson.archi.fr , Telecom Paristech ENST et le Laboratoire des Usages à Sophia-Antipolis.
  12. La notion d'extranaute qualifie, dans un sens élargi, d’une part, l'individu ou la communauté naviguant et actant dans des va-et-vient entre le on-line (intra-) et le off-line (extra-) - entre hybridation et immersion -, et d’autre part, les manifestations dans l’espace physique des projets en réseau qui offrent ainsi de nouvelles vitesses (ralenties) à l’expérimentation des flux.
  13. Clémentine Maillol, Doctorante en sociologie, et Samuel Bordreuil, Directeur de recherche, LAMES / CNRS / MMSH, Univ. de Provence, à partir de la définition de la scénarité par Edving Goffmann, et par extension, de l’approche du spectatorship par Jacques Rancière.
  14. Lib_ (Joy J., Argüello S.), Logs. Éd. È®e, Paris, 2005. http://www.editions-ere.net/projet55
  15. sous la forme d’une étude systématique en ligne comprenant des listes catégorisées de signets : Télémusique - organologie de la musique en réseau , Jérôme Joy, 2003-2005, accès le April 13, 2009, http://audiolib4.free.fr/wikithing/.
  16. Salmona E. (2008). “Sujet à Stream”. In L’Entretemps, Coll. L’Électron Musagète (Ed.), Poétique(s) du Numérique (pp. 143-156). Montpellier: Apo33, CERCI & AlphabetVille.
  17. L’ensemble de ces études sont disponibles sur le site http://locusonus.org/.
  18. à partir d’une structure de type XML/PHP/mySQL.
  19. L’exploration de données, aussi connue sous les noms fouille de données, data mining (forage de données) ou encore Extraction de Connaissances (ECD en français, KDD en Anglais), a pour objet l’extraction d'un savoir ou d'une connaissance à partir de grandes quantités de données, par des méthodes automatiques ou semi-automatiques, et l'utilisation industrielle ou opérationnelle de ce savoir. Le data mining est un processus d'extraction de connaissances valides et exploitables à partir de grands volumes de données. Contrairement à la méthode statistique, le data mining ne nécessite jamais que l'on établisse une hypothèse de départ qu'il s'agira de vérifier. Ce sont des données elles-mêmes que sont déduites les corrélations intéressantes.
  20. « Le terme de « boîte à outils » est employé dans un entretien entre D’Eramo et Foucault en 1972 où ils sont là assez d’accord : le rôle d’une théorie n’est pas de fournir un cadre englobant, ou une base totalisante, de discours unifié .... Le rôle de la théorie est d’être en morceaux, pour que ces morceaux de théorie fonctionnent avec des morceaux de luttes ou de pratiques militantes. Car, selon Foucault, il n’y a pas d’un côté la théorie et de l’autre la pratique : la pratique dans les sociétés modernes est largement informée de réflexions, d’outils théoriques ou scientifiques. C’est le premier sens de l’idée de « boîte à outils ». ... Son deuxième sens est que l’intellectuel ne sait pas forcément à quoi vont servir les outils qu’il fabrique. Je crois que la métaphore de l’outil, c’est aussi une manière de dire qu’il n’y a pas forcément un seul sens à donner aux analyses, ni un bon et un mauvais usage des concepts élaborés par Foucault. C’est une manière de justifier la pluralité des lectures des textes.... Ensuite, je crois que « boîte à outils », ça ne veut pas dire « boîte à slogans ». Pour que les outils soient réellement pertinents, opératoires, il faut quand même regarder comment ils fonctionnent et sont organisés, avec quels autres outils ils marchent en réseaux ». “Entretien entre Marcos D’Eramo et Michel Foucault” dans Michel Foucault, Dits et Écrits I, 1954-1975, Paris, Éditions Gallimard, 1974, PP. 1389-1393.
  21. Banque de données : Ensemble de données relatif à un domaine défini des connaissances, généralement organisé et structuré en base de données pour être offert aux utilisateurs. On distingue les banques de données bibliographiques (références de documents primaires, avec ou sans résumé), les banques de données iconographiques (images fixes ou animées ; à ne pas confondre avec le mode image), les banques de données textuelles (texte intégral complet ou partiel de documents primaires) ou de type GED (document complet au format original), les banques de données numériques (données chiffrées, plus ou moins structurées) et multimédia (documents construits autour de texte, d’images et de son). Base de données : Ensemble structuré de données, généralement en champs, organisé en vue de son utilisation par des programmes correspondant à des applications distinctes (JO) (gestion, recherche, tri, cartographie, ...). Ce regroupement structuré de données, géré par un système de gestion de base de données (SGBD), se réalise de manière à faciliter l’évolution indépendante des données et des programmes.
  22. XML (Extensible Markup Language) : Évolution du langage SGML permettant aux concepteurs de documents HTML de définir leurs propres marqueurs (balises), dans le but de personnaliser la structure des données qu'ils comptent présenter. Le XML est une recommandation du W3C (World Wide Web Consortium - Consortium industriel international fondé en 1994 pour développer des protocoles communs pour l'évolution du web). L'objectif initial de XML était de faciliter le partage de textes et d'informations structurées, par exemple au travers de l'Internet, en séparant le contenu (les données) du contenant (la présentation des données). SGML (Standard Generalized Markup Language) : langage général de marquage. Langage normalisé permettant de décrire les relations entre le contenu d'un document informatique et sa structure. HTML (HyperText Mark-up Language : langage de description des pages Web dérivé du SGML. Il est composé d'une suite de signes ASCII, dans laquelle sont inclues les commandes spéciales concernant le formatage des pages, la police de caractères et le multimédia.
  23. MARC est l'acronyme de MAchine-Readable Cataloging. Il désigne un format d'échange de données bibliographiques permettant d'informatiser les catalogues de bibliothèques. Il est défini par la norme ISO 2709, mère de toutes les variantes de format MARC. Le schéma MARC XML permet de représenter sous forme XML l'ensemble des champs du format MARC21 (fusion des formats MARC et maintenu par la Bibliothèque du Congrès). En France, le projet BiblioML du Ministère de la Culture et de la Communication - Mission de la recherche et de la technologie a défini le format BiblioML qui est une représentation XML des formats bibliographiques et autorités UNIMARC.
  24. L’intégration de données média (graphes, images fixes et animées, sons) n’est pas pour l’instant envisagée pour des raisons de simplicité et de simplification de production (elle pourra être prévue dans une étape future).
  25. Twitter est un outil de réseau social et de microblogging qui permet à l’utilisateur d’envoyer gratuitement des messages brefs, appelés tweets (« gazouillis »), par Internet, par messagerie instantanée ou par SMS. http://www.twitter.com/
  26. L’auctorialité peut être étudiée selon trois processus : la production de documents par un ou plusieurs auteurs, la réception par les lecteurs de l’auteur dans l’œuvre ou le document et enfin la liaison permettant de retrouver auteur et document. L’autorité est précisément attachée à l’auctorialité par le lien susceptible d’unir un auteur à un discours ou à un document. (Evelyne Broudoux)
  27. Howard S. Becker, Art Worlds, 1982; Les Mondes de l’Art, Paris: Flammarion (1988). Nelson Goodman, Of Mind and Other Matters, 1984.
  28. comme par exemple la représentation historique liée à des zones géographiques qui est aussi essentielle que les autres représentations pour discerner des dynamiques actives.
  29. en permettant d’offrir un gain de temps pour la recherche d’informations. Ces caractéristiques ont été discernées notamment par la veille documentaire menée par le DOCAM, http://www.docam.ca/veille/
  30. relatif à un fait antérieur à une date. La prolepse est une anticipation (une imagination) dans laquelle, par exemple en littérature, le narrateur évoque un moment postérieur à celui qui fait l'objet de sa présente énonciation.
  31. Field Spatialization, Cf Supra 26.
  32. entendu ici comme reconfiguration (ou substitution) d'instances, d'états et de statuts, qui deviennent ainsi actualisés et conditionnés par des contextes et des objectifs.
  33. Cf Supra 39.
  34. http://transatlab.net/
  35. Field recording est le terme utilisé pour qualifié tout enregistrement sonore produit en dehors d’un studio (champs de reférence : musique (phonographie), bio-acoustique, ethno-musicologie, radio (documentaire, reportage), etc. Au sein de Locus Sonus, cette pratique se trouve ré-interrogée par l’utilisation de “micros ouverts” reliés à un système de streaming (et non d’enregistrement), transmettant en continu les sons captés dans des environnements.
  36. Pratique musicale contemporaine héritière de la musique concrète, la phonographie - litt.“écriture du son”- se développe sur l'utilisation de sources sonores brutes : enregistrements environnementaux, field recording, écologie sonore... La première utilisation du terme a parfois été attribuée au compositeur François Bayle pour qualifier la présences d'enregistrements non retouchés dans les pièces de Luc Ferrari, mais c'est à la fin des années 90 que la phonographie est devenue un genre revendiqué à part entière, principalement en Europe et en Amérique du Nord. Elle est alors ainsi définie par Isaac Sterling sur Phonography.org: La phonographie se rapporte à l'enregistrement d'environnements. Cela signifie la capture possible de tout événement qui puisse être reproduit et représenté de manière sonore. Les évènements audibles sont sélectionnés, cadrés dans leur durée et selon la méthode de capture, puis transposés dans un cadre particulier, qui distingue l'enregistrement de l'évènement original durant lequel il a été capturé. De ce point de vue, la phonographie est analogue à toute autre forme d'enregistrement. Elle s'en distingue pourtant, dans la mesure où c'est la capture même du son qui prévaut sur sa production. Cette tendance reflète une volonté de découvrir plutôt que d'inventer.
  37. http://www.worldlisteningproject.org/
  38. Tels que par exemple, la Fondation Langlois à Montréal, et bien d’autres...
  39. Cf Supra 29 et 33.
  40. « On saura transporter ou reconstituer en tout lieu le système de sensations, – ou plus exactement, le système d’excitations, – que dispense en un lieu quelconque un objet ou un événement quelconque. Les œuvres acquerront une sorte d’ubiquité. ... Comme l’eau, comme le gaz, comme le courant électrique viennent de loin dans nos demeures répondre à nos besoins moyennant un effort quasi nul, ainsi serons-nous alimentés d’images visuelles ou auditives, naissant et s’évanouissant au moindre geste, presque à un signe. ... Cette circonstance, jointe aux récents progrès dans les moyens de transmission, suggérait deux problèmes techniques : I. – Faire entendre en tout point du globe, dans l’instant même, une œuvre musicale exécutée n’importe où. II. – En tout point du globe, et à tout moment, restituer à volonté une œuvre musicale. Ces problèmes sont résolus. » (Paul Valéry, La Conquête de l’Ubiquité, In “Pièces sur l’Art’, and in De la musique avant toute chose (textes de Paul Valéry, Henri Massis, Camille Bellaigue, etc.), Editions du Tambourinaire, Paris, 1928. Reproduit in Paul VALERY, Oeuvres, vol.II, Coll. "La Pléiade", Gallimard, Paris, 1960, pp.1284-1287.)
  41. L'Internet n'est vu jusqu'à présent et de manière générale que comme un espace de communication et d'information. L'enjeu que nous soulevons est de voir et de démontrer qu'il est aussi un espace de création. Par exemple, la technique du streaming n'est possible que par l'Internet et est une des seules techniques qui permettent de relier des espaces entre eux (ce qui est loin d'être de l'information seulement). Ainsi en reliant des espaces (distances) en continu (permanences), ce que nous permet l'Internet (par le streaming), et en considérant que les pratiques sonores et musicales sont par nature des pratiques acoustiques (elles font résonner et révèlent des espaces en excitant et diffusant des sons dans l'air, et à la fois, les états sonores n’existent que si des espaces sont disponibles), les réseaux électroniques pourraient devenir des réseaux d'acoustiques reliées et propices (ce que j'appelle un état musical et sonifère). Cf Jérôme Joy, « Une Époque Circuitée », à paraître dans la revue Intermédialités, Montréal, 2009.
  42. Bernard Stiegler, La Technique et le Temps (1998-2001), De la Misère Symbolique (2004-2005), Mécréance et Discrédit (2004-2006), Paris: Éditions Galilée.









   
   
   
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