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1871 - « Une Ville Flottante ».(Edit)


Un ténor fort joli garçon

Des chanteurs ambulants




Commentaire : Une ville flottante est un roman de Jules Verne paru en 1871. Il fut d'abord publié dans le Journal des Débats du 9 août au 6 septembre 1870, puis mis en vente, sous forme de volume, le 17 juillet 1871. La ville flottante, c'est le Great Eastern, un énorme navire faisant la traversée Liverpool-New York, à bord duquel se trouvent plusieurs milliers de personnes, avec leurs caractères différents. Une vraie société. Le personnage principal du récit en est le narrateur.


Mot-Clés : tapage, harmonie tronquée, piano, concert, auditoire
Personnalités et œuvres citées : Pleyel, Franz Liszt, Mendelssohn


Télécharger le livre « Une Ville Flottante »


Illustrations : http://www.scribd.com/full/3213541?access_key=key-go2z0ni9uzoou4bq8rc
Illustrations : http://www.renepaul.net/collection_verne1/galerie.htm?ville_flottante




Extrait.................. « Chap. VI — [...] On entendait aussi, à travers les accalmies de la brise, les sons d’un orgue placé dans le grand roufle de l’arrière, et les accords de deux ou trois pianos de Pleyel qui se faisaient une déplorable concurrence dans les salons inférieurs. [...] »

« Chap. X — [...] On entendait alors les tapageuses harmonies qui s’échappaient des pianos. Il faut dire que ces instruments, « très houleux », comme la mer, n’eussent pas permis au talent d’un Liszt de s’exercer purement. Les basses manquaient quand ils se portaient sur bâbord, et les hautes, quand ils penchaient sur tribord. De là des trous dans l’harmonie ou des vides dans la mélodie, dont ces oreilles saxonnes ne se préoccupaient guère. Entre tous ces virtuoses, je remarquai une grande femme osseuse qui devait être bien bonne musicienne ! En effet, pour faciliter la lecture de son morceau, elle avait marqué toutes les notes d’un numéro et toutes les touches du piano d’un numéro correspondant. La note était-elle cotée vingt-sept, elle frappait la touche vingt-sept. Était-ce la note cinquante-trois, elle attaquait la note cinquante-trois. Et cela, sans se soucier du bruit qui se faisait autour d’elle, ni des autres pianos résonnant dans les salons voisins, ni des maussades enfants qui venaient à coups de poing écraser des accords sur ces octaves inoccupées !
Pendant ce concert, les assistants prenaient au hasard les livres épars çà et là sur les tables. Un d’eux y rencontrait-il un passage intéressant, il le lisait à voix haute, et ses auditeurs, écoutant avec complaisance, le saluaient d’un murmure flatteur. [...] »

« Chap. XVI — En rentrant dans le grand salon, je vis ce programme affiché à la porte :
THIS NIGHT
FIRST PART

Ocean Time — Mr Mac Alpine
Song : Beautiful isle of the sea — Mr Ewing
Reading — Mr Affleet
Piano solo : Chant du berger. — Mrs Alloway
Scotch song — Doctor T...

Intermission of ten minutes

PART SECOND

Piano solo — Mr Paul V...
Burlesque : Lady of Lyon — Doctor T...
Entertainment — Sir James Anderson
Song : Happy moment — Mr Norville
Song : You remember — Mr Ewing

FINALE

God save the Queen

C’était, on le voit, un concert complet, avec première partie, entracte, seconde partie et finale. Cependant, paraît-il, quelque chose manquait à ce programme, car j’entendis murmurer derrière moi :
« Bon ! Pas de Mendelssohn ! »
Je me retournai. C’était un simple steward qui protestait ainsi contre l’omission de sa musique favorite. [...] Le soir arrivé, le concert eut lieu selon le programme. Le grand salon, rempli d’auditeurs, était brillamment éclairé. [...] La plupart des spectateurs, hommes et femmes, étaient assis, en abord, sur les divans latéraux, et, au milieu, sur les fauteuils, les pliants et les chaises. Tous faisaient face au piano fortement boulonné entre les deux portes qui s’ouvraient sur le salon des dames. [...] En somme, cette soirée valait ce que valent les soirées d’amateurs, c’est-à-dire qu’elle eut surtout du succès pour les auteurs et leurs amis. [...] »

« Chap. XXII — [...] Cependant, j’avais fait une minutieuse inspection, et, fort désappointé, j’allais me retirer, quand un murmure vague, presque insaisissable, frappa mon oreille. Ce murmure se produisait au fond du couloir de gauche. Je me dirigeai de ce côté. Les sons, à peine perceptibles, s’accentuèrent davantage. Je reconnus une sorte de chant plaintif, ou plutôt une mélopée traînante, dont les paroles ne parvenaient pas jusqu’à moi.
J’écoutai. C’était une femme qui chantait ainsi ; mais dans cette voix inconsciente on sentait une douleur profonde. Cette voix devait être celle de la pauvre folle. Mes pressentiments ne pouvaient me tromper. Je m’approchai doucement de la cabine qui portait le numéro 775. C’était la dernière de ce couloir obscur, et elle devait être éclairée par un des hublots inférieurs évidés dans la coque du Great Eastern. Sur la porte de cette cabine, aucun nom. En effet, Harry Drake n’avait pas intérêt à faire connaître l’endroit où il confinait Ellen.
La voix de l’infortunée arrivait alors distinctement jusqu’à moi. Son chant n’était qu’une suite de phrases fréquemment interrompues, quelque chose de suave et de triste à la fois. On eût dit des stances étrangement coupées, telles que les réciterait une personne endormie du sommeil magnétique.
Non ! bien que je n’eusse aucun moyen de reconnaître son identité, je ne doutais pas que ce fût Ellen qui chantât ainsi. [...] »






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